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De l'autre côté du pont... |
Pont à Freshwater hut, stewart Island, Nouvelle Zélande, leplusbeauvoyage.com

De l’autre côté du pont…

La propagation du coronavirus nous plonge dans un unchartered territory, sorte de terra incognita.
Confinés, privés de travail, de sortie, de dessert (je veux dire de PQ)…
On navigue en eaux troubles.

Tout ceci est inédit alors d’après toi, chance ou malchance ?

Je fais très attention au vocabulaire que j’utilise.
J’ai vite cédé à « ouf, j’ai eu du bol, je suis passée juste avant que les portes se referment. »
Je délaisse l’info-bésité et les conversations sur des sujets/événements que je ne maîtrise pas.

Le renouveau

Verdissement du saule pleureur, leplusbeauvoyage.com

Le printemps est là.
Partout.
Le timing semble parfait.
Le printemps, c’est le renouveau.

D’ailleurs, les Romains commençaient leur calendrier par le mois de mars (Dieu de la guerre mais aussi père de Romulus et Rémus). C’est pour ça que l’on a sept-embre, oct-obre, nov-embre et déc-embre.
Je sais, c’est incroyablement fascinant !

Bref, je t’écris depuis un bord de mare, en Californie du nord.

Si je t’envoyais une photo sans bien choisir mon angle, tu y verrais une route (peu fréquentée) un poteau électrique et les câbles se refléter dans l’eau mais voici ce que je vois…

Héron cendré à paximité de la mare, leplusbeauvoyage.com

Ce que je vois et ce que j’entends : des oiseaux, le bruit de l’eau du ruisseau qui s’écoule en contrebas.

J’observe de joufflus cumulus dans le miroir d’eau, c’est calme et paisible jusqu’à ce que des dindons sauvages poussent des glouglous grinçants, les oies sauvages aussi survolent les lieux en couple et en cacardant.

Et voilà le vol élégant du héron cendré qui plane avant de se poser au ras des roseaux de la mare des voisins.

Les feuilles du saule pleureur se développent lentement mais sûrement, les chênes sont encore tristement nus mais je crois que pointent déjà quelques bourgeons.

J’entends un pivert et maintenant je vois sa tête rouge.

Au-dessus de moi tourbillonnent des rapaces très communs dont j’ignore le nom.
Peu importe.
Ce qui compte, c’est de les voir.

Cette mare et ces roseaux reçoivent des visites fréquentes des black birds.
Ils ne font ni chaud ni froid aux Américains car trop communs.

Leur cri est aigu et strident n’est pas très agréable mais ce qui me plaît chez eux, c’est leurs épaules.
Oui, ils sont tout noirs comme leur nom l’indique mais ils ont des épaulettes d’un rouge très vif.

Je les ai mitraillés lors de mon dernier séjour.
Ils ont des airs de Dark Vador lorsqu’ils gonflent leurs plumes ou en plein vol, comme là…

Envol de black bird, leplusbeauvoyage.com

J’entends une grenouille mais ne peux la voir.

Je vois maintenant un chat chasser, sans pas chassés. (répéter 10 fois)
Il se tapit, s’interrompt dans les hautes herbes.
Je le perds de vue.
Plus tard, j’ai l’impression qu’il tient quelque chose.
Il est de l’autre côté de la mare et je ne veux pas le déranger.

C’est à ce moment-là que les chiens aboient.
Ils m’ont découverte mais pas reconnue. Les trois me sautent dessus pour me lécher le visage.
Je les repousse. Jada un peu moins car c’est ma préférée et elle sait faire des câlins en appuyant juste un peu de pression contre mes jambes ou mon tronc.

grenouille dans la mare, leplusbeauvoyage.com

Le monde humain est au ralenti mais Dame Nature, elle, est fidèle au poste.
Imperturbable, elle fait le job. Toujours.

La nature livre un spectacle gratuit à qui veut bien s’arrêter pour le voir.

Gratitude, lâcher ou résister ?

Je suis heureuse d’avoir pu rejoindre mon cher et tendre avant que la situation ne se complique.

Dommage que je n’aie pas emporté mon reflex et son téléobjectif pour immortaliser tous les détails que je ne peux pas voir à l’œil nu.
PC ou reflex, il fallait choisir et 2 kg de matériel photo sur les 4240 km du Pacific Crest Trail, c’est une hérésie.

Oui, le PCT est sérieusement compromis. Chaque jour, la situation semble empirer.
Wait & See.
Difficile d’anticiper la tournure que prendront les événements.
A suivre…

La mare à Grass Valley, leplusbeauvoyage.com

Ici, on préconise le social distancing.
Mais les écoles sont fermées depuis une semaine.
Le confinement c’est pour bientôt…

Nate continue de travailler à l’extérieur.
Le week-end dernier, on a festoyé par 2 fois avec la famille et les amis.
Ca ne durera pas…

Aujourd’hui je lâche un peu les démarches administratives interminables pour étendre mon séjour au-delà de 6 mois.
Un nouveau formulaire et me voilà à rechercher, contacter et forcer pour rassembler les pièces supplémentaires.
Il est de toute façon peu probable que j’obtienne mon « entretien biométrique » avant le départ pour le Pacific Crest Trail (le 1er mai).

C’est intéressant ce qui se passe en ce moment et je trouve assez enthousiasmante cette nécessité forcée de lâcher plutôt que de résister.

Comment ça se passe pour toi ?

Résister, c’est mon penchant naturel social.
Je n’en fais jamais assez.
M’autoriser à ne rien faire est aussi une chose à laquelle je résiste.

Alors aujourd’hui, au bord de la mare, j’ai lu Le Petit Prince
Je ne compte pas le nombre de livres non lus parce qu’il y a toujours plus urgent, important, productif, extérieur que de me faire plaisir !

Le voyage m’a pourtant appris à lâcher le contrôle et faire confiance à ce qui vient.
D’où cette question centrale pour moi : comment conserver cet état de voyage dans l’immobilité ou la vie sédentaire ?

Doit-on contrôler, tout créer de ses mains ou se laisser façonner par ce(ux) que l’on rencontre.

Circonstances extérieures et maîtrise de son destin

Approche de Freshwater hut en bateau-taxi, Stewart Island, Nouvelle Zélande, leplusbeauvoyage.com

Les circonstances extérieures et les personnes qui nous entourent jouent un rôle plus important dans nos existences qu’on ne l’imagine.

Grâce à l’administration américaine, je revisite en ce moment mon histoire avec Nate.
Je dois fournir des photos et des témoignages qui attestent de la bonne foi de notre union, bona fide marriage en English dans le texte.

Et il a fallu un sacré concours de circonstances pour que notre rencontre ait lieu.

Du côté de Nate, un voyagiste pas net : son ami Kyle découvre le matin du départ que le vol a été avancé.
C’est déjà trop tard pour arriver à temps à l’aéroport.
Leur arrivée en Nouvelle Zélande est repoussée d’un mois.

Puis, un matin où ses potes décuvent de la folle soirée de la veille, il engage la conversation avec une Suisso-australienne sur un parking.
« Je prends l’avion ce soir et je n’ai pas réussi à vendre mon van. Si tu veux, je le mets à ton nom et tu me déposes à l’aéroport ? »
Marché conclu.
Les 3 amis remettent le van en état et la vente finance leur expédition à Stewart Island pour un trek de 7 jours et peut-être observer des kiwis dans leur milieu naturel à Mason Bay.

De mon côté, j’ai rejoint le fabuleux capitaine Arthur pour un camp de voile et wilderness avec des ados de 15-16 ans.
Pas de technologie autorisée à bord.
La connexion c’est avec la nature, soi-même et les autres membres du groupe.

Avec Arthur, on fait la paire et il me propose de l’accompagner pour le next voyage.
Il ne sait pas si ce sera dans 1 ou 2 semaines, il me le dira une fois de retour chez lui.
C’est sa femme qui gère le planning 😉

Il me donne tous les restes de provisions, accès à sa caravane et me prête un sac de couchage.
Les rangers me conseillent de prendre le bateau-taxi dès le lendemain matin pour profiter d’une vue dégagée depuis Rocky Mountain avant que le ciel ne se couvre les jours suivants…

Début de saison

Le 19 mars 2015, j’embrassais ma grand-mère, veuve depuis 10 jours, impatiente d’entamer une nouvelle vie.
Moi aussi, je prenais mon envol le lendemain.

Le 19 mars 2016, je descendais du bateau-taxi et m’apprêtais à traverser ce pont pour déposer mon sac au refuge de Freshwater avant de monter à Rocky Mountain.
Dans cette cabane, 3 Américains qui, comme moi, passeraient les 2 prochaines nuits au refuge de Mason Bay…

Pont à Freshwater hut, stewart Island, Nouvelle Zélande, leplusbeauvoyage.com

Et le 19 mars 2020 pour toi ?

Et si la propagation de ce virus était une invitation à débuter une nouvelle saison ?
Laquelle ?

D’après toi, qu’y a-t-il de l’autre côté du pont ?

Prends soin de toi et profite du printemps !
Perrine

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3 réflexions sur “De l’autre côté du pont…”

  1. Merci Perrine toujours une aussi jolie plume, tres agréble à lire , trés agréable à méditer aussi
    Merci

  2. salut Perrine :merci pour tes belles paroles : moi je suis à la maison pour suspission
    de coronavirus depuis hier ( jeudi) et comme je travaille comme chauffeur-livreur
    dans les hôpitaux de lyon je craignais déjà la chose : je suis à la maison pour 15 js
    et j ai donc le temps pour lire enfin les magasines et livres que j ai empilés depuis
    trop longtemps : il faut attendre maintenant !! grosses bises à toi !! Willy le belge .

  3. Robin Foley

    It is indeed a time of reflection and of gratitude. As we sit at anchor off a beautiful deserted beach in Bocas Del Toro, the only boat here, fully provisioned, with solar to power our water maker and all electricals, decent internet (so far) and plenty of books to read (thanks to Kindle), we are grateful for the peace and quiet. We are grateful that we made the decision NOT to cross the Pacific this year when so many of our friends are being denied entry to port after port as they attempt the crossing. We are grateful for our health and for the ability to self-isolate under such beautiful conditions. We are grateful for our online nutrition business which is not only providing us with an income, but also (more importantly) is helping countless others remain healthy with super-food delivered to their homes, and staying financially solvent through sharing the opportunity. I do hope that you are able to begin your PCT journey but know that you will find something else productive to keep you busy if not. Much love to you both! Robin and Tad Foley SV Bisou

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