Nagori, phoque, leplusbeauvoyage.com

Nagori…

Sans accès au blog pour cause de code récalcitrant et au lieu de m’exciter, j’ai partagé mes pensées de manière plus intime par courriel via les niouzes.

Intéressant de revenir avec des réflexions sur l’arrivée de l’automne lorsque mon dernier billet parlait de l’arrivée du printemps !
A n’en pas douter, je suis sensible au temps qui passe, au rythme des saisons et de la vie…

Anyway

Mes dernières niouzes traitaient d'(in)stabilité et j’ai reçu des retours personnels, profonds et drôles.

Par drôle, je ne fais pas référence aux chutes sur le coccyx, entorses au genou ou de la cheville (on fait une belle bande d’instables !) mais plutôt à Christiane qui, en voulant partager un poème d’Antonio Machado a fait basculer une pile de livres déjà instable sans même trouver le recueil qu’elle cherchait !

Caminante, no hay camino

Le poème en question est bien connu des pèlerins et marcheurs du Camino :

Voyageur, le chemin
C’est les traces de tes pas
C’est tout ; voyageur,
Il n’y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur ! Il n’y a pas de chemin
Rien que des sillages sur la mer.

J’aime tant ce poème qui est d’une telle vérité.

Changement de saison

Mon anniversaire (alias l’heure du bilan) est passé, l’automne arrive et j’entame une nouvelle phase.

Il y a plusieurs façons de faire le bilan et après quelques efforts, j’ai préféré la bienveillance aux regrets.

Faute de Pacific Crest Trail, je me suis lancée dans un jardin potager monumental (ou presque !) et j’ai passé un temps incroyable dehors, à observer la vie se déployer de toutes ses forces et avec toute sa grâce et majesté.

Souvent je me suis sentie dépassée par les récoltes, la déshydratation (en prévision du PCT 2021, j’espère !), la cueillette de la camomille, la fermentation des betteraves, courgettes et concombres, la mise en conserves (et non Converse !) de ratatouilles, sauces tomates, « fournées » de pesto…
Je t’épargne une énumération de 25 lignes… un peu plus et je devenais blogueuse jardino-culinaire !

Ils sont pas appétissants mes légumes ?!

Jardin, rythme et écriture

En faisant le grand écart entre mes projets palois et mon nouvel environnement, ce sont mes projets personnels qui en ont pâti.
Au point que je ne trouvais presque plus qu’une heure pour écrire chaque jour.
Je n’ai pas touché à mon livre depuis juillet.
Alors que j’ai fini le premier jet depuis belle lurette.
Alors que j’ai hâte.

La première relecture, ce sera pour corriger la structure et les suivantes pour le vocabulaire, l’orthographe, la grammaire et la ponctuation.
Je soigne ma culpabilité et mon désir d’efficacité à coup de bienveillance.
Je me fais confiance.
Je sens que j’ai/avais besoin de laisser reposer mes mots.

Comme mon jardin, le premier jet est pure abondance. De mots, de souvenirs, de rencontres et d’anecdotes.
Tous ces mots, je les chéris et je m’y accroche car c’est ma vie… et je kiffe ma vie et les personnes qui y contribuent !
Sauf que je n’écris pas ce livre pour moi mais pour faire passer un message, le plus clairement possible, avec mon expérience comme illustration. Donc tout ce qui ne sert pas le propos est voué à disparaître.
Il y aura donc beaucoup moins d’iode que je ne le voudrais.

L’automne et l’hiver se prêtent parfaitement à ce travail d’élagage.
J’ai hâte de porter des chaussettes, de m’entourer la taille d’une couverture et de m’y plonger.

Nagori

Sans PCT, je n’ai pas (assez) dormi dans les bois, pas marché dans la neige, et ne me suis pas levée ou couchée avec le soleil.
Mais au contact du potager, je ressens pleinement les saisons, la lumière qui faiblit, le refroidissement discret de l’atmosphère.
Et je m’émerveille des repousses, comme des cadeaux inespérés.

Je me rappelle en Nouvelle Zélande, en fin de saison de « tramping » (rando/trek), seule dans une cabane avoir écrit à la bougie dans mon carnet que j’aimerais passer une année entière (j’imaginais en Ariège) en respectant totalement les saisons : activité au printemps et en été, ralentissement l’hiver.
A ne jamais manquer ni lever ni de coucher de soleil.

Alors que l’été s’efface et que j’entends les glands tomber sur le toit en métal, je savoure les figues, les derniers grains de raisins – encore plus sucrés, la dernière parmiggiana d’aubergines… Les dernières pêches de l’arbre finiront cet après-midi en cobbler (la version américaine du crumble) et en salsa façon mexicaine.

Nagori, littéralement « l’empreinte des vagues » en japonais, c’est la nostalgie de la séparation, la nostalgie de la saison qu’on ne laisse partir qu’à regret.
Le goût de nagori c’est l’arrière-saison qui fait suite à la pleine saison. Nagori annonce déjà le départ imminent de tel fruit, tel légume, jusqu’aux retrouvailles l’année suivante, si l’on est encore en vie (je voulais pas plomber l’ambiance).

Nagori ce sont mes raisins encore plus savoureux et si précieux.
Nagori, c’est aussi ce que décrit Machado.

Comme à chaque fin de voyage, je suis nostalgique de la fin d’une saison, d’un chapitre, d’une aventure et en même temps, je me réjouis de la prochaine.
Je savoure et suis reconnaissante de la beauté que nous offre le monde.

A bientôt
Perrine

PS : Nagori est un livre par Ryoko Sekiguchi
Article dans La Croix (2 minutes) / Discussion dans La Dispute, France Culture (première partie – 17 minutes)

PPS : Poème de Machado en espagnol

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