Bosse

Sun Trip : chance ou malchance ?

Il y avait, dans un village, un homme très pauvre qui avait un très beau cheval.
Le cheval était si beau que les seigneurs du château voulaient le lui acheter, mais il refusait toujours.
« Pour moi ce cheval n’est pas un animal, c’est un ami. Comment voulez-vous vendre un ami ? » demandait-il.

Un matin, il se rend à l’écurie et le cheval n’est plus là.
Tous les villageois lui disent : « On te l’avait bien dit ! Tu aurais mieux fait de le vendre. Maintenant, on te l’a volé… quelle malchance ! »
Le vieil homme répond « Chance ou malchance, qui peut le dire ? »

Tout le monde se moque de lui. Mais 15 jours plus tard, le cheval revient, avec une horde de chevaux sauvages. Il s’était échappé, avait séduit une belle jument et rentrait avec le reste de la horde. « Quelle chance ! » disent les villageois.

Le vieil homme et son fils se mettent au dressage des chevaux sauvages. Mais une semaine plus tard, son fils se casse une jambe à l’entraînement.
« Quelle malchance ! » disent ses amis. « Comment vas-tu faire, toi qui es déjà si pauvre, si ton fils, ton seul soutien, ne peut plus t’aider ? »
Le vieil homme répond : « Chance ou malchance qui peut le dire ? »

Quelques temps plus tard, l’armée du seigneur du pays arrive dans le village, et enrôle de force tous les jeunes gens disponibles. Tous… sauf le fils du vieil homme, qui a la jambe cassée.
« Quelle chance tu as, tous nos enfants sont partis à la guerre, et toi tu es le seul à garder avec toi ton fils. Les nôtres vont peut-être se faire tuer… »
Le vieil homme répond « Chance ou malchance, qui peut le dire ? »

Helen au dressage
Mon amie Helen au dressage de l’un de ses onze chevaux. Celui-ci a eu la bonne idée de m’échapper pour aller brouter de l’herbe plus verte alors qu’Helen était absente pendant 2 semaines !

Pas certains d’être partants pour le Sun Trip Tour…

Je voulais partager cette charmante histoire car, après de multiples retards, la première sortie-test de nos vélos à assistance électrique solaire n’a pas eu lieu ce dimanche.
Le fait est que nous ne sommes pas certains de partir pour le Sun Trip Tour.
En fait, on n’en sait rien, nous en saurons plus dans la journée.

Samedi, en finalisant le câblage de nos systèmes, guidés par l’excellent Bernard, nous avons découvert que nos moteurs et contrôleurs étaient mal configurés. Traduction : ça tourne à l’envers, ça surconsomme, les câbles et le contrôleur chauffent, ça fait un vilain bruit…
Naturellement, notre première réaction était la déception, la frustration. Et bien entendu, l’incompréhension face à ces deux kits défectueux qui n’ont donc pas été testés avant expédition.

Dans le câble Higo se cachent les connecteurs habituels mais aussi ceux vers les capteurs à effet Hall…

Mais it is what it is dirait Nate. Il ne sert à rien de blâmer qu(o)i que ce soit, d’explorer comment on aurait pu s’en rendre compte avant, ce qu’on aurait pu faire, etc. Ça ne change rien à la situation.
On ne partira donc pas ce début de semaine vers le Puy en Velay, en prenant notre temps. D’ailleurs, c’est début juin qu’on aurait voulu partir pour se préparer dans les meilleures conditions.

Sauf que la vie a fait que Nate a obtenu un visa tardif, que nous avons été accaparés par des projets, la visite de sa famille et que nous avons fait des erreurs.
Peu importe, les choses ne se sont pas passées comme prévu.
Elles ne se passent jamais comme prévu. Soit on résiste et on se fait mal, soit on ajuste notre regard pour se remettre en chemin et on apprécie le paysage.

Alors c’est vrai, notre participation au Sun Trip a guidé nos choix des derniers mois. C’était (et c’est toujours) l’objectif mais je déteste de plus en plus les lignes droites, les autoroutes bétonnées, sans paysage, sans saveur et sans rencontre.
D’où l’intérêt des routes de campagne et de ralentir nos modes de transport.
L’aventure, la vie en général, c’est l’imprévu. L’imprévu nous titille dans nos routines et pimente nos vies. En peu de mots :

« Le beau, c’est l’imprévu ».

Thomas Bernhard

Nous sommes beaucoup à vouloir changer des choses dans notre vie mais à ne pas passer à l’acte parce que nous voulons des garanties avant de bouger le petit doigt.
On vit dans l’illusion qu’un travail, le couple ou la santé sont acquis. Et puis un jour, il faut bien danser sous la pluie pour paraphraser Sénèque.

« La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe mais d’apprendre à danser sous la pluie ».

Sénèque
La vue depuis chez Helen

Soit je perds, soit j’apprends…

J’en reviens au chemin. La beauté du chemin, c’est de se tromper, c’est apprendre et c’est grandir.
Soit je perds, soit j’apprends. A moi de choisir.
On apprend plus par les erreurs ou les échecs que par le sans-faute.

Ça me rappelle il y a 2 ans, à mon deuxième jour en mer Baltique, seule avec Bosse, mon capitaine. Premières heures à la barre, je ne connaissais pas encore bien le bateau. Vent arrière, une voile de chaque côté. Comme pour les automobilistes qui regardent l’accident en bordure de route et s’en rapprochent dangereusement, j’ai empanné au moment où Bosse revenait dans le cockpit. Heurté en plein front, il a été éjecté par-dessus bord par la bôme.

Je te la fais courte : je l’ai récupéré sans dommage ni hypothermie (l’eau était froide, genre 12°C). Je n’ai pas eu les meilleurs gestes mais je n’ai pas paniqué et j’ai trouvé les ressources. Par contre, comme nous en avons parlé non-stop les deux jours qui ont suivi. Je sais parfaitement comment m’y prendre si la situation (rarissime) se représentait.
Bosse m’a offert une très belle leçon… et la plus belle des leçons était dans son attitude : « C’est moi le capitaine, c’est moi qui suis responsable. C’est moi qui ai commis une erreur en te laissant à la barre. »

Bosse
… Et Bosse m’a aussi offert son amitié et 55 jours ultra-enrichissants en sa compagnie !

Samedi, il y a eu une mauvaise nouvelle mais il y a aussi eu beaucoup de découvertes, d’apprentissages et de progrès dont beaucoup n’auraient pas eu lieu sans rencontrer de problème.
Il y a aussi (eu) beaucoup de personnes bienveillantes à nos côtés. C’est un beau chemin, à n’en pas douter 🙂

J’accepte l’adage « quand la vie te présente 100 raisons de pleurer, montre lui que tu as 1000 raisons de sourire. »

La suite au prochain épisode !

D’ici là, bon vent à toi 😉
Perrine

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16 réflexions sur “Sun Trip : chance ou malchance ?”

  1. Claude Lagriffoul

    Bonjour Perrine,
    J’espère de tout cœur que cela va s’arranger.
    Tu vas surement trouver une solution

    1. Merci Claude,
      On va pas réussir à vous rejoindre à Saint Flour mais on compte bien atteindre le Puy en Velay par tous les moyens possibles !!
      À très vite

  2. Bonjour Perrine,
    Merci pour ton blog, je prends beaucoup de plaisir à te lire et te voir évoluer. Je suis admirative de persistance, ton self-control et la manière que tu as d’affronter les épreuves, de faire de chaque petites (ou grosses embardées une force et une expérience). Merci de nous faire vivre ceci avec toi.
    Je t’embrasse bien fort et t’envoie tout le courage et la positive attitude que je peux fournir.
    Bisous la belle

    1. Merci merci Sandrine pour ce message qui nous donne des forces et ta positive attitude communicative.
      Bises 🙂

  3. Tu sais ce qu on dit… L important n est pas le but, mais le chemin. Profitez de chaque étape de votre projet et acceptez qu il se transforme, c’est le meilleur moyen d en profiter. Peut être que cette année, vous ne serez pas au départ à temps.. Mais peut-être ferez-vous au final votre propre Sun Trip ??…

    1. Complètement Sophie !
      On a prévu de rouler jusqu’en septembre et de voir où le vent et le soleil nous mènent !!
      Se priver de nos camarades serait quand même triste, la communauté des Suntripeurs est tellement merveilleuse 🙂
      Bises

  4. allez perrine pour la petite confidence moi aussi c’est chaud chaud pour finaliser la préparation du vélo d’une part et d’autre part il y a un peu plu de 2 semaines grosse chute sur le genou (bien enflé ) en chutant d’un trottoir si si. Cela va mieux, cela s’améliore bien le médecin est confiant mais check up la semaine prochaine pour être sur. J’ai eu des des hauts des bas des points morts, des reculades, des doutes, de belles rencontres, des moments impromptus, des échanges fortuits durant topute la préparation bref un projet qui a vécu qui m’a transformé, m’a changé. J’aimerais bien mettre la cerise sur le gateau (avec la participation) mais si il n’y a que le gâteau sans la cerise et bien je serais philosophe en retenant tout le positif. On espère quand même vous voir

    1. Merci beaucoup Benoît,
      On a totalement confiance. Le Sun Trip est une aventure qui démarre bien avant le top-départ. Un peu qu’on va vous rejoindre !!

  5. Coucou Perrine

    Je te souhaite de garder le moral quoiqu’il arrive
    Et comme tu dis : les autoroutes bien droites et directes sont bien moins intéressantes et enrichissantes. On apprend de la vie tous les jours.
    Je suis triste tout de même de lire que votre projet est compromis. Ton histoire est bouleversante de réalité alors justement chance ou malchance qui peut le dire ???
    Le plus important est de continuer de vivre et profiter. Les voyages sont faits justement de péripéties et tout ceci stimule.
    Je vous embrasse

    1. Merci pour tes encouragements Christelle.
      J’adore cette petite histoire découverte dans un livre fabuleux : Kilomètre Zéro par Maud Ankaoua 🙂

  6. Let’s be positive. Tes amis sont super et vous vous en ferez d’autres; vous les attirez comme le miel attire les guêpes. Tu nous raconteras cela.
    Moi je vois Fred Astaire danser et chanter sous la pluie, un de mes passages préférés.

    1. Moi aussi j’adore Fred Astaire qui danse sous la pluie. J’aime marcher sous la pluie la nuit surtout et avec une légère brise, c’est encore mieux !

    1. Alors… On attend. On attend une réponse. On trépigne d’impatience, on veut partir !!
      J’avais envie de faire une virée avec le mien aujourd’hui mais en faisant quelques tests, en tenant le contrôleur à la main, on se prenait des petites décharges électriques. C’est vraiment pas bon signe 🙁

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