Quête de réussite & rêves enfouis

Quête de réussite & rêves enfouis

 

Le plus grand échec est de ne pas avoir le courage d’oser.
L’Abbé Pierre

Quand je réponds aux questions des personnes qui caressent le rêve de faire pareil (ou pas !), je réalise combien ce qui est évident pour moi aujourd’hui était loin de l’être au départ !!

 

La quête de la réussite

Parce que j’aimais les langues et à travers elles, j’y voyais un moyen formidable d’accéder à un monde plus vaste, différent et donc fascinant, j’ai fait la moitié de mes études en Allemagne.
J’ai a-do-ré vivre ailleurs et me fondre dans le décor.
Après les études, le boulot.
En fait, il m’avait attendue un an. Et pendant ma dernière année, ma coloc qui parlait de permis vacances travail en Australie ! Je me souviens d’avoir demandé à ma chef à commencer au mois de janvier : « pas question, je t’attends depuis longtemps et il y a beaucoup de travail qui t’attend ! »
Ça ne se refuse pas, par les temps qui courent. Prends l’expérience… tu verras plus tard.
Première occasion manquée.

A vingt-deux ans et deux jours, entrée officielle dans le monde des Grands. J’avais réussi : le travail, le copain, l’appart, la voiture… ne restaient que les enfants ! C’est bien ça, la réussite ?
Je m’imaginais alors un tunnel et ne pourrais voir la lumière qu’à l’approche de la retraite. Enfin, à condition d’y arriver en vie et d’en avoir une !

Alors je me concentrais sur mon boulot. Jeune cadre, je n’avais pas d’horaires mais des objectifs à atteindre que je voulais pulvériser ; car je voulais prouver !
Un an plus tard, on me propose un poste dans la filiale Suisse (Cool, une nouvelle aventure !), avec plus de responsabilités. Je bosse encore plus, surtout avec les déplacements, les journées s’allongent. Je me fais un nom dans le métier, je suis reconnue, flattée… heureuse ?

Jusqu’à ce qu’on me propose un poste en Allemagne et je sais que ce serait la fin de ma vie perso car toujours sur la route avec peu d’occasions de me recréer un cercle social.
Je dis « non, merci » et j’assume les conséquences. Je dis même non aux propositions suivantes qui ne remplissent pas mes conditions ! Réaction unanime autour de moi : « tu es folle, il fait froid dehors, tu sais ! » J’étais courageuse mais pas au point de mettre les voiles. J’avais beau avoir de l’argent de côté, je voulais retrouver un job au plus vite. J’avais la trouille, je ne voulais pas me retrouver au chômage ! Finalement pas de chômage, j’ai retrouvé rapidement.
Deuxième occasion manquée.

J’avais vingt-cinq ans et demi et ça allait durer cinq ans !
La vie m’a alors fait un beau cadeau : une responsable hiérarchique qui me mettrait systématiquement des bâtons dans les roues pour éviter ma progression.
Bêtement, je me suis mise à baisser la tête et travailler de plus belle pour éviter les pièges !
Ca n’était pas tenable. Au bout de trois ans, j’étais prête à partir en Amérique Latine, je nourrissais le rêve et alors qu’aucune négocation n’est possible, je reste par orgueil.
Troisième occasion manquée.

C’est mon corps qui a dit stop : un burn out, plus d’énergie, simplement du temps infini à attendre que ça revienne en me posant les bonnes questions sur la vie (alimentation, santé, gratitude, mission) !

Pour me reconstruire, je ne voyais qu’un seul remède : le voyage au long court que je n’ai jamais pu voulu faire.
J’avais trente ans, il était temps de choisir de vivre pleinement ma vie à moi, pas celle que les autres imaginaient pour moi. La seule vie sur laquelle j’ai un impact direct, la seule dont je suis l’architecte et la seule dont je dispose !
J’étais enfin prête à dire non, enfin prête à dire « moi, je suis autre chose »

47% des Français estiment passer à côté de leur vie. Ça n’est plus mon cas.

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