Pourquoi l’herbe n’est pas plus verte ailleurs ?

De toute façon, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs !

Voilà la phrase, la vérité immuable. On te l’assène d’un coup d’un seul pour couper court à la discussion et te remettre dans le droit chemin.

Car tu parles de nouveaux horizons, de créer ta boîte ou tu as besoin de changement. Tu veux faire les choses différemment, tu cherches. C’est suspect, ça ne tourne pas rond chez toi, soit tu n’es jamais content-e, soit tu es insatisfait-e, instable, rêveur-euse.

Ne fais pas ton-a difficile : l’herbe n’est pas plus verte ailleurs…

Et si tu ne cherchais pas de l’herbe plus verte mais plutôt de l’herbe fraîche, couverte de rosée, givrée qui crisse sous le pied quand on la foule, des herbes folles, des herbes hautes, des herbes bleutées, des herbes que tu n’as jamais foulées, pas d’herbe du tout ?

Tout est affaire d’angle de vue et cette petite histoire est là pour le démontrer.

Le vieil homme et les jeunes voyageurs

Il était une fois un vieil homme assis à l’entrée d’une ville du Moyen-Orient.

Un jeune homme s’approche pour lui demander :
– Je ne suis jamais venu ici, peux-tu me dire comment sont les gens qui vivent ici ?
Le vieil homme lui demande alors :
– Comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?
– Égoïstes et méchants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’étais bien content de partir, dit le jeune homme.
Le vieillard répond :
– Tu trouveras les mêmes gens ici.

Quelques instants plus tard, un autre jeune homme s’approche et lui pose exactement la même question.
– Je viens d’arriver dans la région, comment sont les gens qui vivent dans cette ville ?
À nouveau, le vieil homme demande :
– Dis-moi, jeune homme, comment étaient les gens dans la ville d’où tu viens ?
– Ils étaient bons, accueillants et honnêtes. J’y avais de bons amis si bien que j’ai eu beaucoup de mal à partir.
Le vieil homme répond de même.
– Tu trouveras les mêmes ici.

Un marchand qui faisait boire ses chameaux non loin de là avait entendu les deux conversations. Une fois le deuxième jeune homme parti, il s’adresse au vieil homme sur un ton de reproche :
– Comment peux-tu donner deux réponses complètement différentes à la même question posée par deux personnes ?
– Celui qui ouvre son cœur change aussi son regard sur les autres, explique le vieillard. Chacun porte son univers dans son cœur.

 

Sympa cette petite histoire ?

Non, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Elle est surtout plus verte là où on l’arrose.
Alors à nos arrosoirs !!

« Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages mais d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est. »
Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, La Prisonnière (1923)

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