Mais comment as-tu osé tout quitter ?

Mais comment as-tu osé tout quitter ?

Je suis de retour chez moi pour deux semaines et en l’espace de quelques jours :

  • Jeudi, ma mère me demande combien j’ai payé mes derniers billets d’avion car dans son entourage, on lui demande comment je peux me permettre de mener la vie que je mène.Car voyager ne rime pas forcément avec dépenser beaucoup d’argent. Lorsque je travaillais, je dépensais bien plus d’argent en quelques semaines de vacances que je ne l’ai fait en une année en Nouvelle Zélande.
    Comment ? Pas d’hôtel, très peu d’auberges de jeunesse, peu d’extras (je ne bois que de l’eau !), aider en contrepartie du gîte et du couvert, faire du stop, etc.
    Pas facile pour tout le monde mais plus on abaisse son confort, plus on s’ouvre aux autres et alors la magie se tarde pas à opérer. Cela prend du temps, un peu de courage car il faut vaincre ses peurs mais il y a beaucoup à gagner. Pour moi, la vraie richesse du voyage réside dans les rencontres et pour qu’elles se produisent, il faut accepter d’être vulnérable.
    Je partagerai ici quelques anecdotes qui j’espère vous inspireront !
  • Vendredi, une amie qui pourtant connaît bien mon état d’esprit et avec qui j’ai des échanges réguliers me demande : « Perrine, comment as-tu osé lâcher ce que tu avais pour voyager ? Et ne pas savoir ce qui va t’attendre au retour ? Comment t’as fait ? »Encore une fois, ça ne s’est pas fait en un jour. Plusieurs montagnes se dressaient devant moi :
    1. mon désir de réussir dans une vie conventionnelle (qui ne me ressemblait pas) et qui a failli complètement faire disparaître mes rêves.
    2. ma Torschlusspanik : j’ai déjà trente ans, à mon âge, je devrais m’installer et fonder une famille.
    3. le matériel. C’est fou comme on peut entasser de choses chez soi, comme on s’y attache (enfin, c’est ce que l’on croit) et on ne peut pas s’en libérer. C’est un énorme travail de se défaire de ses possessions et aujourd’hui encore, je continue à me débarrasser de choses dont je n’étais pas prête à me séparer il y a plusieurs mois !
    4. la peur de partir, de quitter ses proches, de se lancer dans l’inconnu dont on pense (à tort) qu’il est plus dangereux qu’ici.
    5. l’absence de revenus… surtout après des années de salariat, ça aussi c’est terrifiant mais ça se prépare (économies) et partir en permis vacances travail me tranquillisait beaucoup de ce côté-là.
    6. et pour l’avenir, je ne le connais pas à l’avance et ne peux de toute façon pas le prédire avec certitude car je ne serai pas la même personne dans un an. L’avenir ce fabrique au présent. Avoir travaillé dix ans me permet d’être à l’aise financièrement et aussi mentalement car j’ai acquis suffisamment d’expérience. Si c’était à refaire, je referais tout pareil car c’était mon chemin, c’était mon rythme !
  • Samedi, un ami d’enfance de mon grand-père : « mais les gens qui t’emploient ne te paient pas tes billets d’avion ? » et puis « Et alors, tu ne cotises pas !! » Il a fait toute sa carrière dans l’industrie du pétrole et ma façon de vivre l’intrigue et l’intéresse beaucoup.
    Non seulement je ne cotise pas mais en plus, je ne me fais pas payer, j’aide mes hôtes 4 heures par jour en échange du gîte et du couvert.
    Et je ne veux pas travailler, je préfère donner de mon temps en échange d’un accueil chaleureux et personnel.
    Je ne veux pas être dans un rapport marchand qui gâcherait tout. Je veux conserver du temps pour être. Pour lire, pour écrire, pour dessiner, pour marcher en nature et faire de la photo, pour communiquer avec mes proches, pour me reposer…
    Et c’est la raison pour laquelle en Nouvelle Zélande, je n’ai finalement travaillé qu’à mon arrivée. Sans ce système de travail volontaire, je n’aurais jamais appris l’apiculture, trait de vaches, tondu de moutons, chassé d’opossums, navigué avec des ados ou tout simplement vécu dans des endroits superbes et rencontré tant de familles et locaux sympathiques ! Je serais passée à côté de la magie du voyage !
  • Dimanche, j’étais ravie d’aller voir jouer mon ancienne troupe de théâtre et j’ai été extrêmement bien reçue avec ce bémol : « on regrette que tu n’aies pas donné de nouvelles, on s’est même inquiétés de ne rien voir sur Facebook ! »
  • Régulièrement aussi, j’entends : « tu devrais écrire tes mémoires » ou « tu devrais écrire un livre avec tes photos ».

A chaque fois que je rentre chez mes parents, je suis ravie de me replonger dans mes petits carnets (que j’ai malheureusement démarrés un peu tard ».
Merci Fanny de m’avoir conseillé de consigner mes émotions car je peux véritablement mesurer le chemin parcouru en direction de ma liberté !

Plus qu’un voyage physique, c’est un voyage intérieur.

La vie est un voyage. Nous ne sommes que de passage.
Nous n’avons qu’une seule vie. Le plus beau voyage à faire c’est celui de sa propre vie, avec qui nous sommes.
C’est la seule vie qui nous soit donnée et la seule vie dont nous sommes à la fois l’architecte et le décorateur 🙂

Bye bye Torschlusspanik, vous pouvez tout faire ! C’est vous qui vous fermez les portes avec des pensées limitantes, personnes d’autre !

Il n’y a aucune leçon que j’aie apprise sur la route que ne n’aurais pu apprendre ici. Il aurait alors fallu que je ralentisse pour être plus présente, plus disponible et moins fatiguée de courir partout pour tout faire…

Aujourd’hui, c’est le 20 juin, c’est l’anniversaire de ma sœur aînée (Joyeux anniversaire Camille !!)
Je pense qu’il est temps que je dépasse ma peur (qui suis-je pour écrire ?!) et partage avec vous mes pérégrinations et découvertes.

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