HelpX : voyage pas cher, rencontres riches

HelpX est un site internet qui met en relation des personnes qui ont besoin d’aide avec des voyageurs/voyageuses disposés à leur donner un coup de main.

Le principe : aider n’importe qui à faire n’importe quoi.

N’importe quoi d’utile, de nouveau, de sympa et/ou d’intéressant en échange d’un toit et de nourriture ; tout en étant soi.

Surtout en étant soi.

Voyage plus longtemps avec HelpX

L’hébergement, la nourriture et le transport sont les postes de dépenses les plus importants pour le voyageur. Avec HelpX, on en supprime 2 d’un coup… voire 3 !

On me demande tout le temps comment je me débrouille. Pendant 11 mois en Nouvelle Zélande, j’ai travaillé 6 semaines et dépensé 1400 euros sur place. 
Ce qui m’a coûté le plus cher, c’est la vie à Auckland, de m’acheter un sac de couchage chaud et léger et de randonner (nourriture, bateaux et refuges).

Car le reste du temps, j’étais nourrie, logée, blanchie et transportée… tout ça grâce à mes hôtes HelpX.

Alerte : si vivre dans des endroits inconnus, avec des inconnus, à faire des choses que tu n’as jamais faites te fait peur ou ne t’intéresse pas, ne va pas plus loin. 

Voyage plus longtemps et fais-toi de nouveaux amis 😉

Entraide

HelpX veut dire Help Exchange : j’échange mon aide contre la tienne.

Contrairement au Wwoofing, limité à l’agriculture biologique, les possibilités sont infinies avec HelpX.
Si je me casse un poignet, je peux t’inviter pour que tu viennes chez moi m’aider quelques heures par jour à faire mon potager.
Le reste du temps, tu es libre de faire ce qui te plaît.

L’entraide est au cœur du système.
HelpX, ce n’est pas du travail. Et il s’agit encore moins de travailler au rabais et sans interaction… dans ce cas, fuis !

Les hôtes nous invitent chez eux pour apprendre à nous connaître et partager leur quotidien.

C’est un échange de services sur un pied d’égalité, une co-création. Naturellement les hôtes sont chez eux et ont un projet précis mais ils s’adaptent aux personnes et aux situations.

Blaze me suggère de faire une pause.

Mes expériences avec HelpX

En bref et dans l’ordre, grâce à HelpX, j’ai :

  • aidé un groupe de jeunes à restaurer un voilier scandinave à Copenhague,
  • appris l’apiculture et vendu du miel de manuka et pohutukawa avec Isaac dans le nord de la Nouvelle Zélande,
  • aidé à rénover une maison, jardiné ou gardé des enfants sur l’île de Great Barrier Island,
  • fait beaucoup de peinture, servi à un mariage et fabriqué des glaces artisanales chez Karen et Bruce avec mon amie Sina,
  • aidé Jono (fils de Karen) et Anita dans leur ferme laitière : peinture, traite des vaches, désherbage, rotation des bottes de paille, bûcheronnage et rangement du bois pour l’hiver avec mon ami Matteo,
  • aidé Arthur à encadrer 2 camps de voile avec des adolescents sur l’île de Stewart Island, tout au sud de l’île du sud,
Vérification de la bonne introduction de la nouvelle reine avec Isaac.
  • aidé Helen et Dave avec leur petit cottage en location à l’entrée du parc naturel du Fiordland,
  • appris la voile à deux et aidé Frank à restaurer son voilier de 10 mètres en Polynésie Française,
  • peint, jardiné et bougé des cailloux avec Nate dans les Deux-Sèvres chez Corinne et François,
  • jardiné, peint et bricolé avec Nate chez Freya en Irlande, 
  • jardiné et créé cette arche à la maison de vacances de Fiachra à Dingle. Puis nettoyé le jardin et repeint des tables et des chaises à son restaurant sur l’île de Valentia ; toujours avec Nate.
Work in progress… au début, les saules faisaient 3-4 mètres et c’était colonisé par les ronces

Mauvaises expériences ?

Une fois, à Great Barrier Island : nous étions trois « HelpXeuses » et la famille cherchait à tirer le plus grand profit possible de notre présence.
Nous avons exprimé notre désaccord auprès du couple mais la situation ne s’est pas améliorée. 
Alors après le départ, nous avons rapporté le problème à l’organisation d’HelpX (c’est prévu par leur système d’alertes) et le profil de la famille a été supprimé.

De là à dire que c’était une mauvaise expérience, je ne crois pas.
L’île vaut le coup d’œil et avec Leanna et Sina, nous y avons rencontré des personnes très intéressantes et aimables. Nous avons même nagé avec une quarantaine de dauphins au coucher de soleil. C’était absolument magique, certains venaient sauter à seulement 2-3 mètres devant nous !

Depuis cet épisode, mon profil explique exactement qui je suis, ce que j’aime, pourquoi je suis sur HelpX et ce que je recherche. Il y a aussi les avis que mes précédents hôtes ont écrits. Alors si un hôte cherche quelqu’un de corvéable à merci, il passe son chemin.

Conseil : tu peux écrire que tu sais faire des tas de choses et travailles dur mais n’écris pas que ça. Il faut que l’hôte comprenne à qui il a affaire… Ça t’évitera des malentendus !

Chez Freya, Nate crée des bacs à fleurs, un banc, une table basse, des chaises, tout en récup’…

Maître-mot : la flexibilité

Les conditions de l’échange sont flexibles.
C’est entre l’hôte et l’HelpXer.

Par exemple, on peut aider 2 heures par jour en échange d’un lit comme c’est souvent le cas dans les auberges de jeunesse.

En janvier 2018, à Las Palmas, aux Canaries, les auberges de jeunesse réclamaient 5 heures de travail par jour en échange d’un lit en dortoir. 5 heures de travail pour une contrepartie qui vaut 15 euros ?
Fuis ce genre d’hôtes. En plus, c’est totalement déloyal pour les locaux !

Parenthèse : en Australie et en Nouvelle Zélande, il faut être détenteur-trice d’un visa travail pour faire du bénévolat via HelpX ou Wwoofing.

Concernant la durée, à chaque fois, j’ai annoncé que je venais pour 1 à 2 semaines et suis toujours restée plus longtemps.
Si ça te plaît, tu restes, si ça ne te plaît pas, tu reprends ta route…

Flexibilité pour l’emploi du temps aussi. J’ai eu des hôtes qui regardaient d’abord la météo ou l’agenda culturel pour me conseiller d’aller à tel endroit faire telle balade ou assister à un événement culturel !
Et après, on parlait de ce à quoi je pouvais les aider…

Canoë à pédales avec Mark, employé de Karen. Des phoques et des dauphins sont venus nous saluer !

Se sentir chez soi

En Nouvelle-Zélande, j’avais une année devant moi et j’ai rarement passé moins de 4 semaines chez le même hôte

Pour moi, c’est la bonne durée pour faire connaissance, découvrir les environs, rencontrer la famille et la communauté.

C’est ainsi que j’ai accompagné Jono à la chasse (au cerf et à l’opossum), participé au tue-cochon, à la capture et tonte de moutons en cavale. Avec Anita, je suis allée au Playcentre, une école maternelle gérée par les parents où vont Latesha et Tegan. Il y a aussi des séances de musique.
J’ai été invitée à parler de notre façon de fêter Pâques devant la classe d’Ella, à l’anniversaire du fils des voisins, ou encore à observer la tonte des moutons par des professionnels chez un autre voisin…
J’y suis retournée à plusieurs reprises et à chaque fois, il y avait des voisins ou le propriétaire de la ferme pour me récupérer et me déposer chez eux.

A chaque fois, j’ai eu l’impression de rentrer chez moi… Home is where your heart is!

Tegan et Latesha en pleine création au Playcentre

Helen et Dave m’ont proposé de garder leur maison pendant leur absence de 2 semaines. J’ai pris soin de leur fils Thomas, des poules, lapins, moutons, lama, 9 chevaux (l’un a eu la bonne idée de m’échapper), alors que George et Harry étaient à mi-temps ou à temps plein chez un copain…

Là aussi, j’ai accompagné Helen à des séances de musique pour bébés.

Une troupe de théâtre m’a même contactée car un personnage (un psychiatre français) devait jurer en français… alors comme il y a en ce moment une Française chez Dave et Helen…

Mon ami le lama… en réalité, il n’est pas sympa et même soupçonné d’avoir achevé son compagnon !

Lorsque j’ai aidé Isaac, l’apiculteur, je l’accompagnais partout : chez les personnes qui accueillaient nos ruches, au club des apiculteurs, sur les marchés, etc. Tous les samedis matins, au marché des producteurs de Whangarei, Robert, l’organisateur, me portait un croissant dès l’ouverture de la boulangerie. Une crème ce Robert. Un Anglais qui parlait très bien le français et l’argot. Il avait fait les 400 coups au Maghreb dans sa jeunesse.

Isaac allait recevoir des amis pendant une semaine. En expliquant à Ilan et Maureen mon projet de rallier l’île d’Urupukapuka en kayak, y camper et rentrer le lendemain : « mais on a des kayaks ici que tu pourrais utiliser quand tu veux ». Le soir-même, alors que l’on venait déplacer les ruches, ils ont étendu leur invitation : « viens chez nous le temps que tu veux, on a deux petits cottages indépendants ».
Trop de vent pour mon expédition. Je suis rentrée plus tôt et j’ai passé trois jours merveilleux chez eux. Un soir où j’avais traversé la lagune en kayak pour aller courir (pieds nus) sur la plage, de l’autre côté des dunes, au couchant, j’ai trouvé des fraises sur la petite table de ma terrasse au retour…

Quand j’ai quitté l’apiculteur début décembre, j’avais quatre invitations pour Noël. Il n’était pas question qu’on me laisse fêter noël toute seule !

Mon petit coin secret derrière chez Ilan et Maureen…

Nouvelles découvertes

Mach mit! littéralement « fais avec » comme disent les Allemands mais pas dans le sens péjoratif du terme. Au contraire, cela traduit l’envie de participer avec enthousiasme. Avec HelpX, on vit avec nos hôtes, on vit comme eux, on découvre de nouvelles activités et on partage leur mode de vie.

A Copenhague, j’ai appris les techniques de restauration anciennes, je me suis déplacée avec tous types de vélos, je suis allée au sauna, j’ai assisté à beaucoup de festivals et pratiqué le dumpster diving.
C’est l’art de plonger dans les poubelles pour récupérer les invendus des supermarchés, en parfait état ! Une fois, nous avons récupéré 15 kg de fraises et 10 kg de framboises bio. Elles avaient été chassées par un nouvel arrivage… frais d’un jour de plus ? A chaque fois les invendus étaient déposés dans les bennes avec soin et délicatesse.

A Great Barrier Island, l’île est off the grid, c’est-à-dire non connectée au réseau électrique néo-zélandais, alors chacun se débrouille par soi-même. Il faut produire son énergie mais aussi recueillir l’eau de pluie et la stocker. Quant à la gestion des déchets, la décharge sera fermée dans quelques années. Alors Orla écrivait des articles dans le journal local sur comment tendre vers le zero waste (zéro déchet, zéro gaspillage).
Il n’y a pas de supermarché digne de ce nom, juste quelques épiceries hors de prix alors les habitants font leur pain, pêchent et font pousser leurs légumes. De temps à autre, ils prennent le ferry pour Auckland pour se réapprovisionner.

Avec Nate, nous avons découvert la magie de la phyto-épuration et des toilettes sèches dans les Deux-Sèvres. À la retraite, François et Corinne ont quitté Paris pour rénover une vieille maison avec des matériaux naturels. Leur système de poêle à briques réfractaires est un chef d’oeuvre : on peut se coller le dos contre les parois dans le couloir, dans le salon et même assis sur le banc dans le prolongement… oui oui oui, un banc chauffant. Une fois que le feu est lancé, il vaut mieux utiliser un coussin ou ça brûle !

Tondre un mouton, ça aussi, c’était inédit !

Joyeuses communautés

Avec HelpX, on rencontre aussi d’autres HelpXeurs ou HelpXeuses.

A Copenhague, je me suis fait de très bons amis sur le bateau. D’ailleurs, en ce moment, je lis Americanah en même temps que Mark, de New York : on se fait notre petit « book club ». Mark est arrivé 2 jours avant mon retour en France pour le mariage de ma cousine et je l’y ai retrouvé 3 semaines plus tard. 

C’est aussi grâce à HelpX que j’ai rencontré Leanna et Sina à Great Barrier Island. Elles ont fait un bout de route ensemble puis j’ai rejoint Sina et nous avons mis le cap vers le sud. Nous espérons nous réunir bientôt !

En Irlande, Nate et moi avons sympathisé avec Anthea et Mila chez Freya.
Puis chez Fiachra, nous avons fait la connaissance d’Emmi, une jeune Finlandaise qui nous a fait rêver des Açores où elle a vécu 3 ans.

Avec Sina devant Ngauruhoe, alias la Montagne du Destin en pays Mordor

De belles amitiés

Après 11 mois passés en Nouvelle Zélande, je suis rentrée à Auckland en auto-stop, depuis le sud de l’île du Sud jusqu’au nord de l’île du Nord.

Tous les soirs, je faisais étape chez mes (hôtes) amis rencontrés au cours de l’année. Nous étions heureux de nous revoir, de nous remémorer les bons moments passés ensemble et de réaliser ce que nous avions appris les uns des autres.

Avec HelpX, peu importent l’âge, la nationalité, la position ou l’origine sociale. Nous partageons la même ouverture d’esprit et le même intérêt.
J’ai hâte que les enfants de mes hôtes viennent un jour frapper à ma porte…

C’est aussi grâce à HelpX que j’ai mis un premier pied dans le monde de la voile et fini par réaliser ce rêve un peu fou de traverser l’Atlantique sans avoir jamais mis les pieds sur un voilier.

Mac Kenzie, avec Sina, Alexis et Brendan
A Stewart Island avec Arthur et 9 ados de 16 ans.

Et toi, est-ce que tu as besoin d’aide chez toi ?
Ou envie d’offrir ton aide ? D’apprendre quelque chose de nouveau ?

Rejoins-nous 🙂

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Par ici pour la page d’explications en français. 

7 réflexions sur “HelpX : voyage pas cher, rencontres riches”

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