3 réflexions au sujet de Thanksgiving

Octobre 2016 à Auckland, je rencontre Chelsea et Kinsey, 2 sœurs du Massachusetts qui voyagent ensemble.

Elles sont fières de ce qu’elles appellent leur nez français. D’après elles, nous le partageons.
Elles m’expliquent leur fierté à l’école de présenter leur origine française au reste de la classe. Chaque enfant devait retracer l’origine de sa famille. Pour elles, français sonne bien plus classe qu’italien.

Je leur demande comment faisaient les descendants afro-américains pour recréer leur arbre généalogique : « On n’en avait pas dans notre école. »

Au mois de novembre, Chelsea et Kinsey me racontent Thanksgiving dans leur famille.
C’est leur fête préférée : tout le monde se retrouve pour cuisiner, décorer, manger et passer du temps de qualité ensemble.
Je suis chaudement invitée à venir leur rendre visite du côté de Boston, de préférence pour Thanksgiving.

C’était noté… one day!

1. Thanksgiving : moment sacré pour les Américains

Et puis j’ai passé Thanksgiving 2017 en Californie, dans la famille de Nate.

Au départ de la Nouvelle Zélande, j’avais calculé qu’en arrivant fin août, ça rentrait dans un visa de 3 mois.
Je ne voulais pas rater ça !

J’ai vu la mère de Nate remplir des cartons de vêtements, emmener sa petite sœur acheter d’autres vêtements et des jouets pour les enfants défavorisés.

Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est le fait de marcher vers des inconnus, de leur serrer la main, de leur souhaiter Happy Thanksgiving et d’engager la conversation.

Le frère de Nate était aux commandes pour fumer la dinde et griller le jambon.
Toute la famille a alors débarqué (à 15h !!!) avec chacun qui portait sa spécialité.
On a terminé à la nuit autour du feu de camp… je n’ai pas été déçue.

La veille, on a même participé à un Friendsgiving chez Zach rencontré en Nouvelle Zélande en même temps que Nate.

Zach avait démarré un feu de camp géant dans le jardin.
Il avait sorti la table de ping pong, des crayons, de la peinture, du papier. Comme toujours, ça jouait de la musique.
J’ai lancé l’atelier guacamole, d’autres un atelier burritos (on est en Californie, paradis de l’avocat et du mexican food)
Et on a fini par des chouquettes… trop fière d’avoir trouvé du sucre perlé dans une boutique de déco à San Francisco.
Les copains ont adoré le nom. J’ai dû l’écrire (avec la recette) sur un petit écriteau 🙂

2. Thanksgiving, gratitude party

Plus que le repas, Thanksgiving, c’est l’occasion de se remercier entre membres de la famille, entre amis.
D’apprécier ce(ux) qu’on a dans sa vie.

Giving thanks.

Contrairement à Noël, il ne s’agit pas de présents mais de présence.

Thanksgiving est devenu un moment spécial pour moi aussi.
L’occasion de prendre un moment pour apprécier ma vie, mon chemin et tout ce qui les rend possibles. Le bon comme le mauvais, façon wabi sabi.
Je sais que ça sonne gnan-gnan mais je devenue profondément reconnaissante et j’aime reconnaître chez les autres la beauté de leurs imperfections, traumatismes, accidents de parcours ou faux-pas.

La découverte du pouvoir de la gratitude a été ma bouée de sauvetage au milieu du burn out.
Maintenant que j’ai passé le stade de l’effort, c’est devenu naturel de détecter ces petits riens, ces miracles de la vie au quotidien.

Je viens de terminer un MOOC intense et passionnant The Science of Happiness avec une semaine très costaud sur le sujet de la gratitude.

Outre tous les bienfaits pour la santé, j’y ai retrouvé la description de mon inconfort par rapport à la chance qui ne me quitte pas : les personnes les reconnaissantes ont l’impression de recevoir au-delà de ce qu’elles méritent/attendent.

Plus on est conscient de tout ce qui nous est donné, à quel point on ne se fait pas soi-même, plus on devient reconnaissant.
Plus on est reconnaissant, plus on lâche le contrôle (on ne peut pas tout maîtriser !) et plus on se sent libre.
On sort du mythe du self-made (wo)man et de l’idée qu’il faut se battre pour réussir, coûte que coûte.

3. Holiday season ou Season of excess ?

Thanksgiving, c’est l’ouverture de la Holiday Season et je me dis que ce serait sympa d’adopter Thanksgiving en France.

Le problème c’est qu’on a plutôt tendance à adopter les excès des Américains (A Season of Excess) plutôt que leur Holiday Season.
Comme on a pu adopter :

  • Halloween pour les bonbons et les costumes made in China, la déco en plastique plutôt que pour la tradition.
  • le Black Friday en quelques années seulement, Apple et Amazon en tête.

Black Friday…
Cyber Monday…
Noël bien entendu,
Le réveillon… c’est sans fin pour les excès sur la fin de l’année.

Je suis gavée par tout ça et au cas où ça ne soit pas passé dans ton radar, le Green Friday est en train de décoller…

Vive le Green Friday !

L’année dernière, j’ai découvert la petite illustration ci-dessous.
Elle est toute mignonne et m’a beaucoup plu. En quelques sorte, elle appelle à célébrer Thanksgiving.

Né en 2017, Green Friday, un collectif qui rassemble déjà 400 structures adhérentes, a frappé fort avec de super affiches.
Confession : elles datent de l’année dernière ! Je suis pas vraiment pas assez active sur les réseaux sociaux et je devrais peut-être regarder la télé pour y être exposée !

Emmaüs appelle au Green Friday sur son site national

Coup de comm’ ou véritable engagement, cette année, la CAMIF a fermé son site internet pour la journée…

Green Friday à réparer ou Green Friday au ciné

Vendredi, alors que Nate a passé l’après-midi à réparer des vélos et enchaîné par boire des coups avec les copains, je suis allée voir le dernier film de mon idole.

Marie-Monique Robin (Le Monde selon Monsanto, entre autres documentaires) était de passage à Pau avec Nouvelle Cordée, un film vrai qui montre la réparation de l’humain à travers un changement de modèle (économique) de société au service de l’humanité… et de la planète.

J’ai été conquise par la démonstration et séduite par le principe de l’EBE (non pas l’excédent brut d’exploitation mais l’entreprise à but d’emploi).
Pleine d’admiration pour les « acteurs » du film qui se redressent en reprenant l’écriture de leur propre histoire et qui sait, peut-être une page de celle de notre société…

Révoltée contre l’absurdité du Black Friday, elle a lourdement insisté pour que Bayrou voie le film et rappelle Macron à sa promesse de seconde loi.

Le film interroge plus largement sur ce qui compte, où va l’argent et ce qui a vraiment de la valeur aujourd’hui.
Continuons l’expérimentation.

Dans la salle, il y avait Olivier, rencontré sur un stand zéro déchet l’année dernière.
Lui, inspiré par le film Qu’est-ce qu’on attend à faire bouger les choses dans son village et moi par Sacrée Croissance pour adopter et œuvrer au développement de la T!nda, la monnaie locale complémentaire béarnaise.

Projection Nouvelle Cordée au Meliès à Pau avec Marie-Monique Robin, leplusbeauvoyage.com
Marie-Monique Robin, Olivier de Montaut demain et Jérémy (avec qui on donnait une conférence sur les monnaies locales cette semaine)

Et toi, est-ce que tu as vu passer le Green Friday près de chez toi ?
Est-ce que tu as vu ou comptes voir Nouvelle Cordée, le dernier film de Marie-Monique Robin ?

Pour finir, une voisine m’a parlé de la technique bisou…

Bisous et bonnes fêtes de fin d’année !
Perrine

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2 réflexions sur “3 réflexions au sujet de Thanksgiving”

  1. En troisième position à partir de la gauche, je vous présente l’homme qui ne sourit jamais…en tous les cas pas sur commande pour une photo!
    Cette soirée passée avec Marie Monique Robin était très émouvante…voir l’aspect humain de ces hommes et femmes revalorisés par une activité professionnelle m’a fait chaud au cœur…et me fait oublier par là même le sort de ces pauvres dindes…sacrifiées pour Thanksgiving. Heureusement qu’il y a tout le reste à côté!
    Mais quel cynisme de l’histoire: les indigènes ont offert des vivres aux premiers colons du Mayflower dont certains de leurs descendants les parqueront et lrs extermineront.
    Pour revenir au sujet:
    https://www.tzcld.fr/
    http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=277134.html

    1. Pas vrai Olivier, je te vois souvent sourire.
      D’ailleurs, dans la salle, les spectateurs réagissaient aux témoignages des « acteurs principaux » à tel point qu’on a sympathisé avec les personnes devant, derrière et à côté de nous !

      Merci d’ajouter ta réflexion au sujet de Thanksgiving.
      Je n’ai pas voulu plomber l’ambiance après mes recherches.
      Car en effet, il y a plusieurs versions à cette histoire mais ce que l’on raconte aux enfants est très éloigné de la réalité.
      Les historiens avancent qu’en novembre 1621, les pèlerins fêtaient leur récolte en peu comme un festival : manger, boire, faire la course, tirer sur des cibles, etc. Rien à voir avec un moment de prière.
      Alertés par les coups de carabine, les Wampanoag qui avaient conclu un pacte de défense mutuelle sont venus à leur secours. Après avoir levé le malentendu face à ce comportement curieux, ils auraient passé 3 jours ensemble.

      La suite de l’histoire est moins réjouissante, 16 années plus tard, les colons exhibaient la tête du fils du “sachem” devenu chef au bout d’une pique.
      Massacres, déportations, esclavagisme.
      Des années plus tard, les présidents commencent à en faire une tradition nationale puis un jour férié…

      https://www.newyorker.com/magazine/2019/11/25/the-invention-of-thanksgiving/amp

      Merci d’avoir remis le lien vers le film vers Nouvelle Cordée. Il faut aller le voir.
      C’est pour ça que je n’en dis pas plus 🙂
      Vive l’EBE, l’entreprise à but d’emploi (et pas l’excédent brut d’exploitation)

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